Bientôt il faudra éteindre ces 35 flammes et quel bilan pour ces quelques printemps ?..
Un divorce... pas d'enfants... pas de maison... des rêves qui s'éffondrent... des projets que j'innonde...
des larmes dans les yeux (et pas seulement dans les miens...)
Alors on se retourne vers le passé. On se surpend à sourire (signe extérieur qu'on propose de moins en moins), on se rappelle de ces quelques années ludiques, insouciantes, avec les parties de billes, les matchs de foot avec des ballons faits de papiers journaux et de scotch.
En boucle, dans le mange-disque, Maya l'Abeille ou Rox & Roucky, les Casimir, Goldorak, Capitaine Flam ou autres Albator.
Tous ces souvenirs des "Copains d'Avant" où la réponse à "Votre vie personnelle et familiale est plutôt" :
"Moins réussie que je ne le pensais". Dure réalité.
Alors on se dit que tout est meilleur réchauffé... mais tout ceci n'est que le passé...
On décide d'aller consulter pour extérioriser nos peurs, nos doutes, nos peines. On balance tout sans réfléchir. A lui de fermer les boites pour que la vie ressemble à quelquechose.
On repart soulagé mais démuni avec une étiquette pathologique qui désormais va nous suivre et une certitude : un Don mais pas assez de couilles pour faire lire les poèmes et pas assez de talent pour finir le roman.
On se revoit, il y a 15-20 ans, les 1ères mobs, les 1ers voyages, les 1ers flirts, les 1ères amours (éphémères, intenses, douloureuses, inoubliables, gravées), les 1ers tatouages.
On se surprend à commencer nos souvenirs par "Si j'avais fait...", "Si j'avais dit..." mais on n'a pas fait, on a mal dit.
On se décide à s'ouvrir aux autres en s'inscrivant sur un écran, on devient membre de groupes,
on est "Un" parmi tant d'autres. On se croit moins seul, moins fragile.
On se croit exister par le nombre d'amis, la quantité de groupes, plus légitimes les uns que les autres.
On se rassure en échangeant nos craintes, nos fantasmes, nos bitures, nos défonces.
On s'affiche nos photos, on se dédicace des p'tits mots pour aider, conseiller, soutenir.
Et on s'imagine que tout va devenir plus facile, moins difficile. Erreur.
Et puis la vie d'adulte nous rattrappe. On se concentre sur notre présent (pourtant si peu glorieux) et comme si on avait pas assez morflé, on s'auto-mutile avec "Grey's Anatomy" (où pour eux aussi, les histoires d'amour qui se font et se brisent, finissent toujours mal) ou "Clara Sheller" (avec ses mensonges, sa joie de vivre, son insouciance et sa légèreté, perdra l'Amour de sa vie et son pote homo).
On s'identifie, on se dit que notre vie c'est la leur, qu'on est pareil.
A presque 50% de vie, le bilan est en demi-teinte. Le futur est inimaginable, le présent est torturé, il n'y a que le passé qui sorte son épingle du jeu. On se surprend alors à relire "Le Petit Prince" pour se réfugier une fois encore dans cette ambiance positive, cet univers rassurant qu'est l'enfance.
Peut-être qu'à 35 ans, il serait temps de découvrir la Vraie Vie et de gagner en maturité.
Non pas pour les autres, mais juste pour soi...
Je suis né en 1974. Tout aurait pu me sourire et pourtant... Je me retrouve aujourd'hui avec ce goût amer d'avoir loupé ma vie, d'avoir crâmé des cartouches dans le vide.
Et tout ça pourquoi ?.. Pour se croire meilleur, plus beau, plus fort, plus grand.
... J'vais souffler ces putains de bougies et me réveiller...
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